Des excuses

Des excuses S.V.P.,
Monsieur Rivard et Cie.

J’ai trouvé choquant les propos exprimés récemment par un groupe d’artistes québécois qui s’opposait aux coupures effectuées par le gouvernement Harper dans les budgets consacrés aux arts et à la culture.

Premièrement, comme l’a fait remarquer Denise Bombardier dans Le Devoir, les Conservateurs ont augmenté le budget pour la culture de 273 millions de dollars par rapport à l’ancien gouvernement libéral. De ce point de vue, des coupures de 45 millions ne constituent donc pas véritablement une perte.

Deuxièmement, le ton du clip de ce groupe d’artistes diffusé sur You tube est très méprisant envers les anglophones et le Canada en général. Dans ce clip, en effet, on fait passer les fonctionnaires fédéraux pour une bande d’intégristes/fanatiques chrétiens qui ne sont pas capables de distinguer entre le mot français « phoque », d’une part, et le mot anglais « f___ », d’autre part. Ces intégristes/fanatiques en arrivent même à remettre en question l’orientation sexuelle et les croyances spirituelles des artistes québécois qui sont venus demander une subvention pour leur festival.

De plus, on se moque de la piètre maîtrise de la langue française par ces mêmes fonctionnaires fédéraux anglophones. Par exemple, on leur fait prononcer « suceux », au lieu de « soucieux ». En d’autres mots, on semble passer le message suivant : le Canada « suce », ce qui signifierait, en bout de ligne, qu’il ne s’agit pas d’un bon pays.

Mais laissez-moi vous dire une chose. En tant que Québécois d’origine mixte (canadienne-française, irlandaise et écossaise), j’ai déjà été témoin d’une multitude de gestes empreints de tolérance et d’affection non seulement entre Anglophones et Francophones, mais également entre des gens d’une grande variété d’origines ethnolinguistiques et de toutes les régions du Canada.

Non, le Canada, ça ne « suce » pas, Monsieur Rivard. C’est un pays qui a été bâti par des gens qui ont travaillé fort de génération en génération et qui ont dû parfois surmonter des obstacles apparemment infranchissables. Ce ne sont surtout pas des commentaires haineux, méprisants et anglophobes comme ceux-ci qui vont contribuer à tisser des liens entre les communautés. Comme le dit si bien Sass Jordan, une artiste canadienne qui a déjà reçu de l’aide du gouvernement fédéral : « Reach across the great divide ». Elle parlait alors de la division entre l’Est et l’Ouest de Montréal, mais cette expression pourrait certainement s’appliquer à toute forme de division.

Si monsieur Rivard et compagnie croient vraiment être les curés de la nouvelle Église québécoise de la culture populaire de l’amour et la tolérance, ils devraient présenter des excuses aux Canadiens, et en particulier aux anglophones de ce pays. Enfin, quels sont vraiment ceux qui « sucent » dans toute cette histoire ?

Peter Stuart

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