Oui

Oui, nous le pouvons nous aussi…
Quelqu’un du Kenya y a cru assez
pour changer le monde

Le discours des jeunes d’aujourd’hui est de plus en plus caractérisé par un cynisme qui s’exprime de diverses façons. Ce cynisme est perceptible, entre autres, dans le pourcentage des jeunes de 18 à 24 ans qui se sont rendus voter lors des plus récentes élections fédérales. Le taux de participation de cette catégorie d’électeurs, en effet, avoisinerait les 25%. Par ailleurs, ces jeunes d’aujourd’hui qui naviguent sur Internet se rendent compte qu’il y a diverses théories du complot dans le paysage: les Illuminati, les Skulls and Bones, les Francs-maçons, la Commission trilatérale, le Groupe Bilderberg, The Council on Foreign Relations, etc. Plusieurs jeunes semblent tout à fait convaincus que peu importe le parti pour lequel ils vont voter, ça ne changera pas grand-chose dans leur société. Alors, se disent-ils, dans ce contexte, à quoi bon s’intéresser à la politique? Cela dit, voici un exemple qui, à mon humble avis, devrait les inciter à changer d’opinion…

Cet exemple, c’est un homme du Kenya qui pensa un jour différemment et est parvenu à changer le monde. À la veille du retrait des Britanniques de sa région de l’Afrique durant les années 1950, il a vu une crise poindre à l’horizon. À cette époque-là, en effet, il n’y avait pas parmi ses compatriotes un personnel capable de gérer ce pays. Il n’y avait pas non plus dans ce pays d’université en mesure d’assurer la formation de ce personnel.

C’est dans un tel contexte que ce Kenyan a pris l’initiative de se rendre aux États-Unis. Il fit alors la rencontre de plusieurs personnes, parmi lesquelles les futurs leaders de ce qui serait éventuellement connu sous l’appellation de Mouvement des Droit Civils (Civil Rights Movement). Certaines de ces personnes, habitées par une foi chrétienne très profonde, l’ont aidé à réaliser une importante levée de fonds visant à permettre à des jeunes hommes et des jeunes femmes de l’est de l’Afrique à venir compléter des études dans des universités américaines.

L’une des méthodes utilisées pour réaliser cette levée de fonds fut la sollicitation de trois personnalités afro-américaines très connues à l’époque : Jackie Robinson, qui fut le premier noir à jouer pour une équipe dans les ligues majeures de baseball; Harry Belafonte, le chanteur; et Sydney Poitiers, l’acteur de cinéma. Ces trois personnalités ont alors rédigé ensemble et signé une lettre visant à solliciter des fonds pour assurer la formation de ces jeunes Africains dans des universités aux États-Unis. Et pour que cette lettre ait encore plus de légitimité, ils y ont apposé le sceau de l’Organisation des Nations Unies (O.N.U.).

Finalement, de nombreux Américains répondirent à l’appel lancé par ces trois personnalités afro-américaines en envoyant des milliers de dollars par la poste et cette levée de fonds fut un franc succès. Ce même homme du Kenya, qui était à l’origine de cette levée de fonds, a éventuellement rencontré le sénateur John F. Kennedy avant qu’il ne soit élu président. Le sénateur fut si impressionné par ce jeune homme, son désir d’améliorer son sort et celui de son peuple qu’il le fit rencontrer la personne qui s’occupait alors de la Fondation Joseph Kennedy. Cette organisation gérait les fonds que le père du sénateur Kennedy avait mis de côté à des fins philanthropiques. Finalement, cet homme du Kenya s’est vu remettre un chèque de 100,000$ de cette Fondation.

Cela dit, il convient maintenant d’être attentif parce que c’est ici que cette histoire hors du commun devient particulièrement intéressante. Grâce à cette levée de fonds, de nombreux jeunes hommes et jeunes femmes en provenance de l’est de l’Afrique ont été en mesure de venir en Amérique pour étudier dans des universités américaines. Et parmi ces jeunes hommes et ces jeunes femmes, il y avait un certain Barak Obama, soit le père de l’actuel Président des États-Unis…

Alors, récapitulons un peu. Premièrement, le père de Barak Obama a été capable d’aller étudier dans une université des États-Unis grâce, entre autres, à l’argent obtenu du public américain et d’une fondation de la famille Kennedy. Deuxièmement, son fils, qui porte lui aussi le nom de Barak Obama, est né aux États-Unis, y a fait lui aussi des études de niveau universitaire, a pratiqué et enseigné le droit. Puis, il a éventuellement fini par occuper le poste le plus élevé dans la hiérarchie politique de son pays, soit Président, devenant du même coup le premier afro-américain à occuper cette fonction.

Toute cette histoire, il est bon de se le rappeler, ne serait jamais survenue si, dans les années 1950, une personne du Kenya n’avait pas entrepris de faire quelque chose pour remédier à l’absence d’un personnel bien formé pour assumer la direction de son pays. Qu’on se le dise, il n’y a pas eu de compagnie multinationale ou de complot d’un groupe particulier pour l’empêcher de réaliser ses rêves. Ce ne sont pas uniquement les compagnies multinationales ou encore les riches élites avec leurs armées qui peuvent changer le cours des choses en ce monde; les citoyens et les citoyennes de tous les horizons ont également le pouvoir de changer les choses. Au fond, il importe que tous et toutes se rappellent du sens et de l’origine du mot «démocratie». Ce mot, en effet, a deux composantes: d’une part, le mot grec «demos», qui signifie «le peuple»; d’autre part, la racine indo-europénne «kratein», qui veut dire «régner». De ce point de vue, on ne peut que souhaiter une longue vie au règne du peuple! À ce sujet, je suis convaincu que ce type du Kenya serait d’accord avec moi, et ce, peu importe où il en est rendu aujourd’hui…

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