Québec

Québec : La clef de voûte de la Confédération manque encore à l’appel!

À mon retour à la maison après une autre journée passée dans le Vieux-Québec, je n’ai pas été capable de m’empêcher de penser à quel point nous, Québécois et Québécoises, traînons encore aujourd’hui le poids des événements qui ont marqué notre histoire. Ce poids s’exprime d’une façon particulièrement frappante dans les résultats de la campagne électorale fédérale de 2008. Encore une fois, en effet, les gens du Québec ont massivement rejeté les deux principaux partis politiques fédéralistes et élu un contingent d’une cinquantaine de bloquistes. Qu’est-ce que cela signifie relativement à l’état de la fédération canadienne?

D’une part, au niveau provincial, il y a à Québec un gouvernement libéral qui brandit présentement le drapeau du nationalisme québécois, et ce, d’une façon très efficace et habile. D’autre part, au niveau fédéral, ni les libéraux ni les conservateurs n’ont été capables jusqu’à maintenant de faire oublier l’échec des accords du Lac Meech et de Charlottetown.

Au cours des dernières années, les conservateurs avaient promis de régler le dossier de la reconnaissance de l’identité collective du Québec au sein du Canada. Une reconnaissance, rappelons-le, qui lui avait été refusée à l’époque du rapatriement de la constitution sous Pierre-Elliot Trudeau en 1982.

Par ailleurs, il convient de se le rappeler également, les accords négociés au Lac Meech et à Charlottetown ont tenté, chacun à sa façon, de présenter une solution à ce dossier et ont été rejetés l’un après l’autre. Depuis ce temps, il y a une majorité de députés du Bloc pour représenter le Québec au Parlement fédéral et aucun parti politique fédéraliste n’est encore parvenu à s’imposer au Québec.

Cela dit, lorsque l’on se promène dans les rues du Vieux-Québec, comme je le fais souvent, on peut voir à plusieurs endroits des traces de notre histoire, une histoire marquée par la coopération et les compromis entre anglophones et francophones. Et lorsque l’on prend en considération ces traces, on peut facilement déduire dans quelle direction nous devrions aller, et pourquoi nous devrions le faire.

Premièrement, le mot «Québec» signifie, dans la langue algonquin, «là où le fleuve se rétrécit». De la même façon que Champlain, à son époque, avait compris que celui qui contrôlerait l’embouchure du fleuve contrôlerait également le commerce et, du même coup, toute la richesse du continent, aujourd’hui, pour leur part, les Québécois savent que celui qui contrôle cette province agit comme clef de voûte de la Confédération canadienne.

Deuxièmement, il y a à Québec le monument Wolfe-Montcalm qui, à ma connaissance, comporte quelque chose d’absolument unique dans le monde entier. En effet, il n’y a pas d’autre pays dans l’histoire qui ait eu l’idée d’honorer à la fois le vainqueur et le vaincu d’une bataille avec un seul monument. Lorsqu’il a été érigé en 1827, il y avait déjà des discussions quant à la possibilité d’une république canadienne-française, ou encore d’une annexion aux États-Unis. Dans un tel contexte, les Britanniques ont eu l’idée d’apposer les noms des deux généraux de cette fameuse bataille sur le monument pour montrer qu’il y avait eu par la suite une réconciliation entre les deux peuples.

De ce point de vue, on comprend mieux que la plupart des Québécois ne perçoivent pas la bataille des Plaines d’Abraham comme une victoire anglaise ou une défaite française. Ils la perçoivent plutôt comme le début d’un dialogue entre deux peuples. Un dialogue qui doit être mis à jour par chaque génération d’anglophones et de francophones dans la fédération canadienne.

Cela me rappelle la dernière strophe de notre hymne national, le Ô Canada, dans sa version française qui, rappelons-le, fut composée avant la version anglaise: «Et ta valeur, de foi trempée, protégera nos foyers et nos droits!» Or, il y a là un contraste avec la dernière strophe de la version anglaise du même hymne national: « Ô Canada, we stand on guard for thee ». Traduit en français, cela signifie: « Ô Canada, nous te protégerons ». Tandis qu’en français, c’est le Canada qui nous protège…

Dans mon esprit, cette interprétation résume très succinctement l’attitude que les Québécois ont envers la Confédération : un pacte conclu avec la Couronne en 1867 qui, en échange de notre appui à ce projet de société pancanadienne, protégera nos foyers et nos droits.

Pour beaucoup de Québécois, cela implique une certaine forme de reconnaissance de nos droits collectifs dans la Constitution canadienne. Dans cette perspective, tant et aussi longtemps que l’un des partis politiques fédéralistes (conservateur ou libéral) n’aura pas abordé cette question adéquatement, il y a fort à parier que les gens du Québec continueront de voter pour Gilles Duceppe et le Bloc Québécois, et ce, qu’il y ait crise économique ou pas.

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