QUELQUES RÉFLEXION SUR LE PROJET DE L’AMPHITHÉÂTRE

QUELQUES RÉFLEXION SUR LE PROJET DE L’AMPHITHÉÂTRE,
NOTRE DOUBLE HISTOIRE DE COLONISATION
ET NOTRE SENS ÉMERGENT D’UNITÉ.

Mercredi dernier, soit le 21 septembre 2011, l’Assemblée nationale du Québec a adopté le projet de loi 204 qui fut, d’une certaine façon, le « bébé » de la députée de Taschereau, madame Agnès Maltais. Or, cette dernière est membre du Parti Québécois, une formation politique qui, encore aujourd’hui, maintient sans équivoque comme principale revendication de sortir la province de Québec de la Confédération canadienne.

Cela dit, je me dois toutefois d’applaudir madame Maltais pour le courage et la prévoyance dont elle a su faire preuve dans les circonstances. Elle a démontré, en effet, une capacité à voir au-delà du programme officiel de son parti en militant pour l’adoption d’un projet de loi qui, à toutes fins utiles, prépare le terrain pour enlever toute entrave de nature juridico-légale au projet de construction d’un nouvel amphithéâtre dans la Ville de Québec. Ce projet, auquel est associé le groupe québécois Quebecor, vise ultimement, rappelons-le, à ramener un club de la Ligue nationale de hockey dans la vieille capitale. Sans oublier, bien entendu, la possibilité de présenter dans ce nouvel amphithéâtre toute une panoplie de grands événements tels que des compétitions ou des spectacles de patinage artistique, des concerts, des foires et des événements religieux comme le retour éventuel du Pape à Québec.

Ce projet de loi, il convient de le mentionner, a été défendu depuis le début par madame Maltais, et ce, malgré les réticences affichées par un certain nombre de ses collègues du Parti Québécois qui siègent également à l’Assemblée nationale. À toutes fins pratiques, ce projet de loi visait à fournir une garantie sans équivoque qu’aucune tierce partie ne pourrait plus contester l’exclusivité du contrat de gestion de ce futur amphithéâtre que Quebecor a signé avec la ville. Quebecor tenait à obtenir cette protection légale avant de commencer à verser ses dizaines de millions de dollars de capital privé parce qu’elle avait des raisons de croire que des entreprises telles que Telus, Rogers, ou Bell, par exemple, pourraient éventuellement contester l’exclusivité de cette gestion du nouvel amphithéâtre.

Car, outre la venue d’une équipe de hockey de la Ligue nationale à Québec, l’un des principaux enjeux dans ce dossier, il convient de le souligner ici, consiste en la visibilité sur le plan des commandites d’une société médiatique, et ce, dans une région du pays comprenant d’importants marchés. Une visibilité qui ne se limiterait pas exclusivement au hockey, mais qui pourrait se rapporter, entre autres, à d’autres sports, à des concerts et à n’importe quel événement pouvant présenter un potentiel de diffusion à de vastes marchés de téléspectateurs et de lecteurs. Dans ce contexte, on se rend compte que ce contrat de gestion peut être très bénéfique puisque Quebecor a alors la possibilité de vendre de la publicité à de grandes entreprises à la recherche de clients pour leurs biens et leurs services, et ce, sur l’un ou l’autre de ses postes de télévision, sites web, journaux et magazines : TVA, LCN, TVA Sports, Canoë, Réseau Contact, le Journal de Montréal, le Journal de Québec, etc.

Au fond, dans les circonstances, je vois émerger une sensibilité croissante de la part de gens comme madame Maltais à l’égard de réalités qui, tout compte fait, sont liées les unes aux autres de diverses façons. D’une part, celles de la poursuite pacifique des échanges commerciaux, l’industrie, la finance et, d’autre part, des réalités qui, encore aujourd’hui, ne font guère l’unanimité telles que la langue, la culture, l’identité et le nationalisme. Autrement dit, je vois émerger un sentiment capable de transcender ces diverses réalités puisque, après tout, nous sommes tous dans le même bateau avec ce nouvel amphithéâtre. Au fond, ce sera un bénéfice net pour tous les Québécois et tous les Canadiens, quelles que soient leur langue, leur culture, leurs convictions, ou leur religion. Il me semble que nous nous entendons tous sur ce point : en 2011, nous avons besoin de ce temple séculier comme lieu par excellence de rassemblement populaire, et ce, peu importe l’occasion : un match des Nordiques, un combat de boxe, un spectacle du Cirque du Soleil, une visite du Pape, un concert, un congrès, etc. Ce bien public rassemblera des gens non seulement de la région immédiate de Québec, mais également des diverses régions de l’Est du Québec : Beauce, Amiante, Saguenay, Lac-St-Jean, Charlevoix, Côte-Nord, Bas-du-fleuve, Gaspésie, Nouveau-Brunswick, régions du nord-est des États-Unis.

Lorsque le Canadien de Montréal se rend jusque dans les séries éliminatoires de la Coupe Stanley, j’ai déjà vu des partisans de l’Ontario et du Québec interviewés sur les rues de Montréal qui n’ont pas hésité à faire pas moins de seize heures de route afin d’assister à un match du Canadien au Centre Bell. Alors, de ce point de vue, il me semble que l’on peut facilement s’imaginer que les différents événements présentés dans le nouvel amphithéâtre de Québec auront eux aussi un tel pouvoir d’attirer les citoyens et les citoyennes de diverses régions. Comme on le dit si bien dans le film américain Field of Dreams dont l’action se déroule principalement sur un terrain de baseball : « Build it and they will come » ! (Construisez-le et ils viendront !)

Cette situation me laisse croire que cette région du pays pourrait bien devenir un lieu propice à l’émergence de manifestations d’unité et de paix. Je vois de plus en plus de personnes, en effet, qui réalisent de nos jours jusqu’à quel point le fait d’avoir eu à subir une double colonisation fut un cadeau absolument fabuleux pour nous, qui sommes à la fois Québécois et Canadiens. Nous sommes de fiers héritiers de traditions, de lois, de langues, de cultures, de religions et du système économique de deux des plus importants regroupements ethnolinguistiques de cette planète. Un héritage qui s’est également enrichi au contact de traditions en provenance des peuples autochtones et des peuples venus de tous les continents pour s’établir chez nous.

Vous savez, nous ne sommes définitivement pas obligés de rester prisonniers de notre histoire. Et nous sommes encore moins obligés de perpétuer les conflits ethnolinguistiques de nos aïeux. Cela dit, nous avons toutefois le devoir, l’honneur et le privilège de vivre au Québec, « là où le fleuve se rétrécit ». Or, si vous connaissez un peu votre Bible, une telle situation pourrait s’apparenter à celle qui fait référence au passage étroit à travers lequel nous devons tous passer pour entrer au Royaume de Dieu. De ce point de vue, on pourrait donc dire que le Québec représente aujourd’hui, d’une certaine façon, « le passage étroit » à travers lequel doit passer la clef qui doit débarrer la porte qui donne accès à un pays où il fait bon vivre : le « Royaume » de la Confédération canadienne…

Qui sait ? Madame Maltais est peut-être sur la bonne voie sans même s’en rendre compte. Elle est peut-être animée par l’esprit, « qui souffle où il veut », d’une façon qu’elle n’a pas encore été en mesure de discerner. Mais une chose est certaine : ses collègues du Parti Québécois qui ont quitté le caucus de cette formation politique lors du débat entourant ce projet de loi étaient à mon avis tout simplement « hors de la track », comme on le dit si bien en bon Québécois. Dans tout ce débat entourant ce projet de loi, en effet, il ne convenait pas qu’ils mettent de l’avant le vieux cheval de bataille mort que représente le projet de société souverainiste dans un contexte où les députés devaient, d’abord et avant tout, décider de la pertinence de doter la région de Québec d’un amphithéâtre digne du XXIe siècle.

Voilà pourquoi, aujourd’hui, je vous salue, Madame Agnès Maltais, honorable députée de Taschereau. Une femme capable de transcender certaines réalités, capable de voir au-delà de la mesquinerie et de l’étroite partisannerie. Comme on le dit si bien en bon Québécois : « Agnès pas », la fille ! Allez en paix, mes chers amis…

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