RAS LE BOL

RAS LE BOL AVEC LA GRÈVE ÉTUDIANTE !

Moi, j’en ai vraiment ras le bol avec la grève étudiante qui domine l’actualité depuis des mois au Québec. Avec ce conflit, il me semble que l’on tente de reproduire le climat propre au mouvement de contestation des années 1960 dans notre ère de reconfiguration postmoderne caractérisant les sociétés occidentales.

Dans les années 1960, on voulait à la fois construire un plus grand réseau d’universités au Québec et faciliter aux francophones l’accessibilité à des études universitaires. C’était la belle époque de l’État-Providence, alors qu’il n’y avait rien de trop beau pour les budgets consacrés à l’éducation, à la santé et aux affaires sociales. Après tout, il faut se rappeler qu’en cette période de Révolution tranquille c’était rien de moins que l’avenir du peuple québécois qui était en jeu.

Cela dit, une cinquantaine d’années plus tard, on ne peut que constater la monstruosité de nos déficits annuels et de la dette accumulée par la province. La situation est telle que le service de la dette représente aujourd’hui le troisième plus important poste budgétaire de l’État québécois, après la santé et l’éducation. Il convient également de se rappeler que le prix des différents biens et services augmente constamment pour toutes les catégories de citoyens : nourriture, logement, essence, etc. De ce point de vue, en fonction de quel principe serait-il donc possible de décréter que les étudiants devraient rester à l’abri des hausses de prix que doivent subir leurs concitoyens et concitoyennes ?

Moi aussi j’ai déjà fait partie de la catégorie « étudiant ». Dans les années 1990, j’ai complété un baccalauréat en études canadiennes à l’Université d’Ottawa. Ces années-là ont été marquées par les premières compressions budgétaires des gouvernements de Jean Chrétien. Certes, mes frais de scolarité ont augmenté à chaque année. Certes, je me suis retrouvé dans l’obligation de composer avec des bourses moins généreuses et des prêts plus élevés. Mais je suis tout de même parvenu à surmonter ces difficultés.

Dans le Centre Universitaire, en ce temps-là, il y avait le bureau des prêts et bourses gouvernementaux. Et tout juste à côté de ce bureau, il y en avait un autre, celui des « bourses privées ». À l’intérieur de ce bureau, il y avait deux grands volumes renfermant une véritable mine d’informations sur des bourses offertes par diverses organisations. Après avoir parcouru en entier le contenu de ces deux grands volumes, j’ai fini par y trouver un programme de bourses pour lequel j’étais éligible.

Bref, j’ai fait preuve de débrouillardise pendant mes années passées à l’université pour composer avec mes besoins financiers. Après ma graduation, j’ai travaillé pendant dix ans avant de parvenir à rembourser la totalité de la dette accumulée au terme de mes études, soit 25 000 $.

Par ailleurs, on doit convenir qu’il s’est créé énormément de richesse au Québec au cours des cinquante dernières années. À cet égard, on doit également convenir que l’intervention musclée de l’État québécois dans différents secteurs d’activités a grandement contribué à cet enrichissement individuel et collectif.. Il me semble qu’il va de soi que l’État exige une plus grande contribution des différents acteurs de la société afin d’assurer la viabilité à long terme de notre réseau d’institutions postsecondaires : étudiants, travailleurs, entreprises privées, syndicats, fondations, etc.

Dans le cas des entreprises privées, on constate qu’elles investissent de nos jours des milliards de dollars dans notre économie, et ce, de diverses façons : construction d’usines, d’installations, recherche de gîtes minéraux, achat d’équipements, etc. Dans cette perspective, l’obligation pour ces entreprises de payer une taxe sur le capital afin de contribuer davantage aux revenus de l’État, comme le réclament certains leaders étudiants, aurait sans doute des incidences directes tant sur leur niveau d’investissements que sur leur capacité à générer des profits pour leurs actionnaires.

Finalement, on doit convenir que les sociétés occidentales doivent composer de nos jours avec des enjeux bien différents des années 1960. Dans la conjoncture politico-économique actuelle marquée par l’endettement important des États et leur incapacité à équilibrer leurs budgets, il me semble que la raison d’être même de ce mouvement de contestation peut facilement être remise en question. Un exemple, histoire d’illustrer le statut particulier des étudiants québécois sur le continent nord-américain. Les frais de scolarité exigés pour passer un an à Harvard dans l’État du Massachusetts sont de 20 000 $. Ici, on descend dans la rue pour quoi au juste ? 1625 $ sur cinq ans…

Au fond, si l’on tient vraiment à bien planifier l’avenir du Québec, pensons à mieux financer nos collèges et nos universités. Et cessons d’essayer de reproduire le climat contestataire de la « belle époque » des années 1960 dont les nombreuses manifestations servent bien davantage à donner un matériel original quotidien aux journalistes qu’autre chose. Au-delà de la violence, des confrontations, des vitres brisées et des murs peinturés en rouge que l’on retrouve dans nos médias depuis plusieurs semaines, il y a le problème chronique du sous-financement de notre réseau d’institutions postsecondaires. Voilà le véritable enjeu de cette crise sociale et c’est à la recherche de solutions originales à ce problème qu’il faut consacrer nos énergies.

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