FRANC/DOLS

Franc et sans dols : L’héritage de Sir George Étienne Cartier, Père de la Confédération.

C’est ici, dans la Capitale Nationale du Québec, qu’on trouve le Parc Montmorency, site du premier Parlement de l’ancienne « Province du Canada », cette drôle d’entité fusionnée que fut le Bas et le Haut Canada après l’Acte d’Union de 1840, une séquelle directe des Rébellions des Patriotes de 1837-38 et de la Rébellion du côté du Haut Canada de la même période.

Le résultat de l’Acte d’Union fut l’impasse, qui n’a été débloquée, d’une certaine manière, que par la Confédération de 1867. Certaines personnes remettent encore en question la validité de notre appartenance au projet de société pancanadien.

Pour nous inspirer à persévérer dans le sens de l’union fédérale, nous n’avons qu’à aller un peu plus loin dans le même parc pour arriver au monument en honneur de Sir George Étienne Cartier. Cartier fut un personnage intéressant dans l’histoire de notre nation et de notre fédération. Sympathisant des Patriotes au début, il a su voir plus grand lors des débats entourant la Confédération, surtout lorsque la survivance de son peuple fut mise en jeu.

Cartier est l’homme qui est responsable de nous avoir convaincu d’adhérer au projet de société pancanadien. Et avec raison : en fin de compte, le Québec, et les Québécois, en sont ressortis parmi les plus grand bénéficiaires. C’est grâce à la Confédération que le Québec, surtout Montréal, s’est industrialisé, cette ville devenant non seulement la métropole du Québec, mais du Canada tout entier. Le chemin de fer Canadien Pacifique avait son terminus à Montréal et avait le monopole sur l’expédition de tous les biens, et de tous les colons, vers les nouvelles provinces de l’Ouest, le tout protégé par une politique douanière qui empêchait la rentrée des biens des États Unis, ce qui favorisait encore plus le Québec.

En outre, toutes les céréales et tout le bétail de l’Ouest se faisait expédier vers Montréal, Toronto et Québec. C’est même un Québécois d’origine écossaise, M. James Guthrie Scott, qui a milité avec acharnement auprès du Parlement fédéral au début du siècle pour que le Québec, et non les États-Unis soient le principal bénéficiaire du transport des céréales de l’Ouest. Ce projet de loi s’appelait la Crow’s Nest Pass Freight Rate, et a resté en vigueur jusqu’à tout récemment.

De plus, grâce à la Confédération, Montréal est redevenue une ville majoritairement FRANCOPHONE. Auparavant, elle était majoritairement anglophone. Mais grâce à Cartier, et aux autres Pères de la Confédération, les campagnes autour de Montréal se sont vidées, et les francophones sont littéralement « entrés en ville » pour travailler dans les usines à Montréal. Cela a évidement aidé la cause du français au Québec, car beaucoup de ces gens étaient fort probablement destinés à émigrer aux États-Unis, où ils auraient été rapidement assimilés, et la survivance de la nation aurait été mise en péril.

La grande épopée du Québec et de Montréal, de 1867 à 1967 environ, fut donc directement le résultat de son appartenance au Canada, et la survivance du fait français en fut en grande partie le résultat aussi.

Je considère donc que George Étienne Cartier fut un visionnaire pour son époque, et même avant son temps. Il a su voir au-delà du simple clivage ethnolinguistique de l’époque et avoir une vision globale des choses.

C’est probablement pour cela que la devise inscrite sur son monument est « Franc et sans dols »’. C’est-à-dire qu’il ne se reprochait aucunement ses décisions et n’en ressentait aucune amertume. Car les dernières paroles du « Ô Canada » d’Adolphe Routhier sont, en effet, « … et ta valeur, de foi trempée, protégera nos foyers et nos droits! ». Notre partenariat avec le Canada n’a pas toujours été facile, mais nous avons persévéré ensemble à travers plusieurs centaines d’années d’intempéries, et nous voici maintenant au seuil d’une réconciliation potentiellement glorieuse.

Car les événements du 13 septembre 1759 ne furent ni une victoire anglaise, ni une défaite française, mais le début d’un dialogue entre peuples : deux et encore plus. Une occasion de se connaître et de se reconnaître, de s’apprivoiser, de se respecter, et oui même de s’aimer. Je crois que la rencontre entre Wolfe et Montcalm fut une rencontre avec le destin, une occasion d’apprendre la leçon de vivre et laisser vivre, de bâtir ensemble sur l’axe est-ouest du continent nord américain un projet de société solidaire, capable de baliser les immenses forces socio-économiques et culturelles qui risquent de nous engloutir sur l’axe nord-sud.

Notre rapport de forces avec nos voisins du sud en matière d’échange commerciaux, de finances, de défense de notre environnement et de nos ressources, est beaucoup plus fort si nous serrons les rangs avec le Canada, et ne les affaiblissons pas en faisant rupture de partenariat. Un guichet unique pour l’OMC, l’ALÉNA, l’OCDE, l’OTAN, l’ONU, etc. est beaucoup plus viable que si le Canada se désintègre en plusieurs morceaux, avec 4 à 5 pays différents qui succéderaient au Canada advenant la souveraineté (c’est-à-dire que les provinces de l’Ouest, l’Ontario, le Québec, le Maritimes, Terre Neuve/Labrador, et le Grand Nord, se retrouveraient probablement seules à se débrouiller).

On aurait probablement la nécessité de reconstituer une union politique à OTTAWA, regroupant 4 entités politiques différentes, avec un genre de Parlement à l’européenne. Comment gérer la devise, l’espace économique commun, la politique extérieure, l’ALÉNA, etc???? Tant qu’à avoir une union économique, douanière, et monétaire, aussi bien de faciliter le tout par une union POLITIQUE, ce que fut la Confédération dès son début : une union pragmatique de peuples différents pour des raisons de commerce, qui a grandi pour devenir une grande idée pluraliste : la cohabitation et la coexistence des peuples au sein d’un seul pays.

Je crois qu’il nous incombe d’apprendre des leçons de l’histoire et de nous inspirer des grands bâtisseurs comme Sir George Étienne Cartier : Franc et Sans Dols. Allez-y au Parc Montmorency et vivez un brin de notre histoire!!!

Peter Stuart
Journaliste Pigiste

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