LIBRE OPINION

LIBRE OPINION:
MICHAEL SABIA, BIENVENUE À BORD!

Par la présente, je tiens à faire quelques commentaires par rapport à l’opinion émise par Yves Beauchemin relativement à la nomination de Michael Sabia à la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, opinion publiée dans Le Devoir du 10 avril 2009.

Nul ne peut nier que, depuis sa création, la Caisse a eu un impact très positif sur le développement économique du Québec. Cette Caisse a facilité, entre autres, l’émergence d’une haute bourgeoisie franco-québécoise dans le monde des affaires, une élite qui était à toutes fins pratiques inexistante avant les années soixante. Auparavant, en effet, les entrepreneurs québécois étaient perpétuellement à court d’une grande source de capital pour faire démarrer leur entreprise ou en assurer le développement. De ce point de vue, on ne peut donc que se réjouir de la création de la Caisse et de son importante contribution à l’économie québécoise.

Cela dit, les temps ont changé. Au lieu de considérer Michael Sabia comme « un adversaire de la création de la Caisse », on devrait plutôt envisager cette nomination en fonction de la perspective offerte par une série de mesures profitables à l’économie québécoise : un guichet unique de marché des valeurs mobilières Montréal/Toronto; un éventuel guichet unique de réglementation des marchés de valeurs mobilières pancanadiens, alors qu’il y en a présentement treize; un guichet unique pancanadien d’union économique, douanière et monétaire. Bref, une série de mesures profitables à l’économie québécoise rendues possibles par un guichet unique d’union politique que l’on désigne de la façon suivante : la Confédération canadienne. Le Canada dispose, en effet, d’une politique douanière extérieure commune qui offre aux entreprises québécoises une voie d’accès aux marchés suivants : 33 millions de consommateurs canadiens, 300 millions de consommateurs américains et au-delà de 100 millions de consommateurs mexicains.

Dans cette perspective, tout que nous pouvons faire pour faciliter l’arrimage entre la Caisse et le marché canadien-anglais est donc souhaitable à une époque marquée par la mondialisation des marchés et des échanges commerciaux. Voilà pourquoi la soi-disant « sacro-sainte unité canadienne » à laquelle monsieur Beauchemin fait référence représente, sans aucun doute, un but noble et louable à poursuivre pour le Québec et les Québécois. Même le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, reconnaît l’importance stratégique d’un Canada uni pour la France et les compagnies multinationales françaises qui envisagent d’y vendre leurs produits.

Oui, le Québec est la porte d’entrée pour des entreprises françaises telles que Danone, Veolia, Axa, etc. Oui, la France est l’investisseur étranger numéro deux au Québec après les États-Unis. Mais, ne l’oublions pas, cette réalité s’inscrit dans l’optique d’un guichet unique pancanadien qui rend possible l’accès tant à un marché commun canadien de 33 millions de personnes qu’aux marchés américain et mexicain, et ce, à cause de notre politique douanière extérieure commune.

De ce point de vue, le Président Sarkozy n’a donc pas intérêt à jouer dans le même registre que la petite politique gaulliste de 1967 exprimée sur le balcon de l’hôtel de Ville de Montréal et à laquelle tant d’indépendantistes ont fait référence par la suite. Il ne convient pas, en effet, pour monsieur Sarkozy de s’en tenir strictement à ce coup de théâtre du Général de Gaulle attribuable, essentiellement, aux frustrations découlant du traitement que lui et ses compatriotes ont eu à subir dans le contexte du déploiement des troupes alliées lors de la libération de la France. Des frustrations découlant, entre autres, de décisions prises dans ce contexte particulier par des personnages comme Eisenhower et Churchill. Dans cette perspective, il ne convient donc pas, pour monsieur Sarkozy, de s’en tenir à un nationalisme qui ne fait que foutre le bordel dans les plates-bandes d’un pays qui œuvre depuis belle lurette à réconcilier ses peuples et à guérir les plaies occasionnées par d’anciennes luttes impérialistes…

Lorsque l’on prend en considération toutes ces données, il convient maintenant d’espérer que Michael Sabia aura un long et fructueux passage à la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Bienvenue à bord, mon vieux!

Peter Stuart
Journaliste Pigiste

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