LE DRAPEAU CANADIEN À L’ASSEMBLÉE NATIONALE

À propos du drapeau canadien à l’Assemblée nationale

Lors de son passage à Québec pour l’annonce de la reconstruction du Manège militaire, le Premier ministre Stephen Harper semblait bien embêté par les questions des journalistes sur la polémique relative à la proposition du gouvernement Marois de retirer le drapeau canadien de l’Assemblée nationale. Au lieu de défendre la pertinence de la présence de ce drapeau à cet endroit, monsieur Harper s’est montré plutôt timide dans ses propos. Il a mentionné qu’il ne voulait pas se mêler «de vieille chicane» et qu’il voulait plutôt se concentrer sur «l’économie». Voilà donc l’état de notre état-nation… Le premier ministre du pays n’ose même pas défendre le drapeau de son projet de société dans de l’une des plus importantes provinces sur les plans économique, culturel et linguistique.

Pour sa part, Benoît Pelletier, l’ex-ministre libéral des Affaires intergouvernementales du Québec, a cru nécessaire de critiquer le maire d’Ottawa, monsieur Jim Watson. Ce dernier, en effet, s’était mêlé d’un dossier québécois alors que sa propre ville n’avait même pas encore eu le courage de se déclarer officiellement bilingue ! Dois-je rappeler à monsieur Pelletier que la Capitale nationale fédérale couvre les deux rives de la rivière des Outaouais, et qu’elle comprend donc la Ville de Gatineau. Or, je n’ai vu aucune levée de bouclier en rapport avec le fait que Gatineau ne se soit pas déclarée officiellement bilingue, et ce, bien qu’elle fasse partie du territoire de la Capitale nationale. Mais non… Puisque Gatineau est une ville québécoise et qu’elle est assujettie à la Chartre de la Langue française, il n’est donc pas question de permettre de l’ingérence fédérale dans «nos affaires» !

En fait, pour le PQ, le drapeau canadien symbolise toujours un projet de société colonialiste et chaque gouvernement péquiste se perçoit comme un aspirant au titre de véritable gouvernement «national». Le PQ n’accepte donc pas son statut de province au sein de la famille canadienne, ce qui est triste. Rappelons-nous que lorsque nous avons voté «non» en 1995, le Premier ministre de l’Alberta de l’époque, Ralph Klein, avait voulu démontrer sa profonde gratitude au peuple québécois pour avoir fait un choix si éclairé, et ce, malgré le résultat serré. Il a en effet voulu placer le drapeau du Québec dans l’assemblée législative de sa province. En se rendant compte qu’il ne pouvait pas mettre le drapeau d’une province sans tous les mettre, il a fait entrer dans la chambre provinciale d’Edmonton les drapeaux des dix provinces et des trois territoires.

À mon avis, il est possible de pratiquer une forme de politesse réciproque en maintenant le drapeau canadien à l’Assemblée nationale, et ce, peu importe les projets de société différents et les rapports de force. Si monsieur Harper n’a pas osé se prononcer dans ce dossier, rappelons-nous que l’un de ses plus célèbres compatriotes albertains l’a déjà fait de brillante façon il y a dix-sept ans.

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