LE CRUCIFIX À L’ASSEMBLÉE NATIONALE: NE METTONS PAS UNE CROIX SUR CETTE CROIX!

LE CRUCIFIX À L’ASSEMBLÉE NATIONALE :

NE METTONS PAS UNE CROIX SUR CETTE CROIX !

 

 

Le crucifix de l’Assemblée nationale et ce qu’il représente pour le peuple Québécois semble devenu une simple relique patrimoniale dépourvue de sens. Mais plusieurs d’entre nous tiennent quand même à ce qu’il reste accroché juste au-dessus du siège du Président de l’Assemblée à Québec, et ce, en guise de symbole d’une bienveillance morale et spirituelle à l’égard de la personne qui anime et modère les débats qui s’y déroulent, des députés et, par extension, de l’ensemble de la population québécoise.

 

Certes, nous ne sommes plus dans le contexte historique d’une certaine époque, alors qu’une majorité de Québécois acceptait l’autorité morale et spirituelle de l’Église catholique et ne remettait pas non plus en question l’alliance juridico-légale implicite entre les ténors ecclésiastiques et les autorités publiques. Si le contexte historique actuel ne correspond plus à ces réalités, il n’en demeure pas moins qu’une majorité de Québécois d’aujourd’hui reste animée par une quête de sens et de bien-être spirituel qui se manifeste de diverses façons. Après avoir été confrontés aux limites de ce qu’un bonheur matériel fondé sur des biens et des services de toutes sortes peut leur apporter, plusieurs Québécois aspirent aujourd’hui à une sanctification nouvelle, à un bonheur authentique fondé sur des valeurs chrétiennes : partage des richesses, ouverture à l’autre, contribution au bien commun, etc. On peut comprendre que certains de ces Québécois ayant grandi dans l’Église catholique puissent être de nos jours réticents à retourner au bercail et à réintégrer pleinement l’institution dans laquelle leurs aïeux trouvaient un sens à leur vie de tous les jours. Une réticence souvent fondée sur ces cas d’abus de toutes sortes commis par des religieux de l’institution et que les médias québécois nous ont rapportés au cours des dernières décennies.

 

Ces abus ont fait un grand nombre de victimes, ici et ailleurs dans le monde, et il ne convient certainement pas de négliger leurs multiples impacts : spirituels, psychiques, financiers, sociaux, etc. Dans cette perspective, il importe de ne pas négliger le passé et les tâches à accomplir pour redorer le blason de l’institution : sanctionner les mauvais bergers, réparer les torts causés, s’occuper convenablement des besoins manifestés par les victimes. Par ailleurs, il importe également de s’occuper du présent et de l’avenir : montrer la pertinence actuelle des enseignements de l’Église pour donner un sens à sa vie, accueillir ceux et celles qui cherchent à renouer avec la foi de leur enfance, s’occuper des plus démunis de la société, participer aux activités de la communauté chrétienne locale afin de lui redonner son dynamisme d’antan, s’efforcer de maintenir une bonne conduite avec tous ceux et celles que nous sommes appelés à côtoyer à la maison et dans la communauté. C’est en s’occupant ainsi du passé, du présent et de l’avenir qu’il deviendra possible de préserver une légitimité et une pertinence au maintien du crucifix à l’endroit où il se trouve encore aujourd’hui, dans le lieu par excellence des débats publics consacrés aux grands enjeux de notre société.

 

Une légitimité et une pertinence que l’on peut percevoir dans la continuité historique de l’institution qui a été présente, contre vents et marées, depuis plus de 400 ans pour accompagner notre peuple dans toutes les phases de l’aventure humaine : fonder des écoles et enseigner aux jeunes, fonder des hôpitaux et soigner les malades, accompagner les mourants, combler les besoins essentiels des plus démunis, organiser les loisirs, préserver la langue et la culture de la mère patrie, financer généreusement des organisations à but non-lucratif. Dans cette perspective, on a plusieurs bonnes raisons d’exiger que le crucifix reste accroché là où il se trouve puisqu’il demeure, après tout, le symbole vivant d’une institution qui est restée « accrochée » depuis plus de 400 ans à un territoire et aux divers peuples qui ont choisi d’y vivre. En d’autres mots, faire une croix sur la pertinence de cette croix à l’endroit où elle se trouve en 2013, ce serait renier une bonne partie de notre histoire et tenir mordicus à ce que l’on commence à oublier toutes ces vies consacrées à la fondation et à l’épanouissement de notre société québécoise.

 

Advertisements
Posted in Uncategorized

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: